L'Oeil du Maître
Un cerf s’étant sauvé dans une étable à bœufs
Fut d’abord averti par eux
Qu’il cherchât un meilleur asile.
« Mes frères, leur dit-il, ne me décelez pas :
Je vous enseignerai les pâtis les plus gras ;
Un cerf s’étant sauvé dans une étable à bœufs
Fut d’abord averti par eux
Qu’il cherchât un meilleur asile.
« Mes frères, leur dit-il, ne me décelez pas :
Je vous enseignerai les pâtis les plus gras ;
Une Chèvre, un Mouton, avec un Cochon gras,
Montés sur même char s’en allaient à la foire :
Leur divertissement ne les y portait pas ;
Nous n’avons pas les yeux à l’épreuve des belles,
Ni les mains à celle de l’or :
Peu de gens gardent un trésor
Avec des soins assez fidèles.
Certain Chien, qui portait la pitance au logis,
Certaine fille, un peu trop fière
Prétendait trouver un mari
Jeune, bien fait et beau, d’agréable manière,
Point froid et point jaloux : notez ces deux points-ci.
Il était une Vieille ayant deux chambrières :
Elles filaient si bien que les soeurs filandières
Les grands, pour la plupart, sont masques de théâtre ;
Leur apparence impose au vulgaire idolâtre
S’il est un conte usé, commun, et rebattu
C’est celui qu’en ces Vers j’accommode à ma guis