Les Oreilles du Lièvre
Un animal cornu blessa de quelques coups
Le Lion, qui plein de courroux,
Pour ne plus tomber en la peine,
Bannit des lieux de son domaine
Toute bête portant des cornes à son front.
Un animal cornu blessa de quelques coups
Le Lion, qui plein de courroux,
Pour ne plus tomber en la peine,
Bannit des lieux de son domaine
Toute bête portant des cornes à son front.
Il ne se faut jamais moquer des misérables :
Car qui peut s’assurer d’être toujours heureux ?
Le sage Ésope dans ses fables
Nous en donne un exemple ou deux.
Celui qu’en ces vers je propose,
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point
Si tôt que moi ce but. Si tôt ? Êtes-vous sage ?
Repartit l’animal léger.
Ma commère il vous faut purger
Un Lièvre en son gîte songeait,
(Car que faire en un gîte, à moins que l’on ne songe ?)
Dans un profond ennui ce Lièvre se plongeait :
À Madame de la Sablière
Je vous gardais un temple dans mes vers :
Il n’eût fini qu’avecque lâ
Après que le Milan, manifeste voleur,
Eut répandu l’alarme en tout le voisinage
Et fait crier su
Qui ne court après la Fortune ?
Je voudrais être en lieu d’où je pusse aisément
Contempler la